Manuel Periáñez________________________________________manuelperianez1940@gmail.com |
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| Ma
pratique de psychanalyste : c'est au 37, Quai de la Seine, 75019,
Paris. tél. 06 17 86 72 74 |
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Métros : Lignes 7, 5 et 2 Stations Riquet, Stalingrad, Jaurès
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| Psychanalyste en libéral depuis 1975. Seulement sur rendez-vous. Je suis non-médecin, non-conventionné, et non-affilié aux institutions psychanalytiques. Mais je respecte les normes de l'IPA. |
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| Sauf exception, je reçois : les lundis, mercredis et vendredis. de 08h30 à 20h00. Séances en Français, Espagnol, et Néerlandais. | ||||
| Honoraires selon revenus, en moyenne en 2014 : 50 euros/séance. Séances de 45 minutes. | ||||
| D'autres questions ? Vous trouverez des réponses dans le bref article ci-dessous ! | ||||
Une psychanalyse ! Ça existe encore, de nos jours ?
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À
quoi ça sert ? Quelle est la durée des
séances ? Combien de fois par semaine ? Comment se passent les séances
? C'est quoi, votre formation ? Vous appartenez à quelle école ? Pourquoi un divan et un fauteuil ? Chez qui aller ? Comment supporter un analyste
qui ne parle jamais ? Quand se termine une analyse ? Pourquoi une longue analyse et non pas un
traitement plus court ? Et surtout, comment se retrouver dans tout ça ? |
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Voilà
quelques-unes des questions que l'on nous pose assez couramment. C'est étonnant le nombre de gens qui
de nos jours ne connaissent que des stéréotypes au sujet de la
psychanalyse, pourtant vieille de plus d'un siècle ! |
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| Vous pouvez commencer par suivre, malgré sa pub insistante, le très bon guide pour débutants en psychanalyse du site Doctissimo, avec une demi-douzaine d'articles très éclairants (« choisir son analyste », « tout ce que vous aviez voulu savoir... », etc.), et également des courts portraits de certains psychanalystes historiques (dont celui dont je me sens le plus proche, Winnicott). | ||||
Pour en savoir davantage, continuez par le très complet site québecquois de René Desgroseillers (disparu en 2007, mais son "site-miroir" est heureusement en ligne...). À l'heure actuelle, le meilleur site de psychanalyse en français est sans doute le portail Œdipe, où vous trouverez une excellente introduction de L. Le
Vaguerèse à la situation actuelle de la psychanalyse,
ainsi que des forums et des liens vers les différentes écoles, chacune
d'entre elles expliquant comment elle conçoit la psychanalyse (de façon
assez concordante, me semble t-il) : |
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On trouve sur le portail Œdipe ces sites des écoles, dont la plupart donnent les adresses des psychanalystes qui y sont affiliés. Mais on y trouve également un carnet d'adresses de psychanalystes, qui (comme moi) pour la plupart ont finalement préféré ne pas adhérer à une école. Voir également le site de psychanalyse en mouvement, et celui de Stéphane Barbery qui répond aux FAQ* concernant la psychanalyse et les autres formes de psychothérapie. J'essairai quant à moi de tenir ici une liste de sites intéréssants (« quelques liens »), mais ils changent tellement vite... |
* Anglais : Frequently Asqued Questions, |
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Mes réponses à ces questions... |
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Mes réponses sont un peu trop cavalières au goût de
certain(e)s... Il existe, bien sûr, des bibliothèques entières au sujet de
chacun des points que je parcours au galop. Car j'imagine que, quand pour s'orienter
on va voir sur le web, on est forcément assez pressé ! Mais je tiens tout
d'abord à affirmer, et avec force, le préalable sine qua non que voici :
de nos jours on a beaucoup trop oublié que faire une vraie psychanalyse, c'est
une aventure personnelle exceptionnelle, qui vaut largement que l'on ne vive
que pour ça pendant quelques années : le « retour sur
investissement », pour parler comme nos technocrates, sera considérable
dans la plupart des cas ! |
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À quoi ça sert ?
Ceci étant posé, devant une question tellement dans
l'utilitarisme productiviste de notre époque que l'inévitable « à quoi ça
sert », j'aurais presque envie de dire par boutade qu'heureusement la
vraie psychanalyse ne « sert » à rien ! Et qu'elle est donc
indispensable... Tout le monde a « des problèmes », et s'en
débrouille tant bien que mal. Si vous êtes pris dans des problèmes trop
difficiles pour votre gestion habituelle, et surtout s'ils vous semblent,
finalement, toujours provenir d'une certaine tournure de votre esprit, vous faites
bien de consulter un psy. Pas forcément un psychanalyste, mais un
psychothérapeute. Les deux peuvent être la même personne, et une thérapie peut,
une fois surmontés les problèmes du début, devenir une analyse. Mais l'analyse
proprement dite n'est pas faite pour résoudre des problèmes, mais pour explorer
son fonctionnement psychique, lui permettre un épanouissement aussi complet que
possible. Freud et Ferenczi éclatèrent de rire, un jour des années 1920, en se
rendant compte qu'ils avaient « découvert une méthode pour guérir des
gens qui n'ont aucun problème » ! (je cite de mémoire). La
boutade reste exacte, et il est évidemment difficile d'en faire comprendre la portée à des
gens qui souffrent ! La psychanalyse, pour faire court, s'adresse à des
gens qui ont compris que, mis à part les multiples problèmes — parfois
dramatiques — de l'existence, c'est bien leur propre fonctionnement psychique
qui au départ constitue leur véritable problème, dont découlent en majeure
partie tous les autres. Si ce point est acquis, on peut se risquer à avancer
qu'une psychanalyse aide, en passant, à résoudre beaucoup de problèmes. Surtout
même, bien souvent, les vrais problèmes... dont le patient est loin de se
douter. Car ceux dont il est bien obligé d'être conscient, parce qu'ils font
douloureusement saillie dans sa réalité, ne sont souvent qu'un symptôme par
rapport à ceux que son inconscient lui cache soigneusement depuis toujours (et
qui sont, bien souvent, nettement plus sérieux…) |
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Pour les questions pratiques, je peux être concret : |
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Chez moi, ça coûte selon les revenus du patient et la
fréquence des séances. En 2014, mes honoraires moyens sont de 50 euros pour des
séances de 45 à 55 minutes, conformes à la tradition (et aux normes de l’IPA,
dont je reconnais le bien-fondé, sans en faire partie). Le ou les entretiens
préalables ne seront payants que si le patient décide d'entreprendre une cure.
Traditionnellement les rendez-vous ratés sont dûs, sauf cas de force majeure.
J'aime bien, par ailleurs, me réserver un quart d'heure entre les séances, et
je reçois toutes les heures. Pour une phase de psychothérapie préalable à une éventuelle analyse, une ou deux séances par semaine, parfois moins selon les disponibilités du patient, seront suffisantes. Le nombre de séances hebdomadaires est en revanche crucial pour une vraie analyse. Pour bien faire, il en faudrait trois, ça maintient un bon rythme et l'analyse sera généralement plus courte. Donc une centaine de séances par an, compte tenu des vacances et autres interruptions ; d'où les honoraires modérés... De très rares patients parviennent à faire avancer une vraie analyse avec une seule séance par semaine, ça reste tout à fait exceptionnel. La durée de la cure psychanalytique, voilà ce qui effraye le plus. Un ou deux ans, comme chez Freud (mais il vous faisait venir six jours par semaine) ? Cinq ans ? Dix ans ? Trente ou quarante, comme Woody Allen (mais il en a fait un mode de vie !) ? La durée nécessaire pour chacun s'avère très variable. Ce qui compte, c'est de réussir son analyse, son parcours le plus personnel dans ce lieu unique où tout peut être dit parce que la parole n’entraîne aucun acte. Et où d'ailleurs on peut faire un galop d'essai de quelques mois ou un an, évaluer si « ça marche », éventuellement interrompre pour des raisons « de réalité », revenir quelque temps plus tard faire une « tranche », etc. |
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Mais d'abord, qui êtes-vous ?
Pour un psychanalyste, se présenter trop en détail va en apparence tout à fait à l'encontre de la base même de la technique analytique, qui vise à susciter le phénomène du « transfert ». Dans l'idéal, ceci exige une totale neutralité de l'analyste : quand le patient ne sait absolument rien de son analyste, qui ne dévoile rien de lui ou elle, son inconscient sera fortement enclin à s'en construire une représentation mentale très proche de celle qu'il a gardée de ses parents, de son ressenti (« vécu ») pendant l'enfance. Ses projections sur ce miroir neutre que lui tend l'analyste permettront alors à celui-ci, au cours d'un travail plus ou moins long, de signaler au patient de quelle façon des conflits non résolus de l'enfance continuent à perturber, parfois massivement, son existence quotidienne d'adulte. Voilà pour l'idéal, impossible à atteindre, de la
position orthodoxe. Cette posture de Sphinx mystérieux, aussi séduisante
soit-elle, me semble désormais sinon intenable, du moins exagérée. Cela fait 40
ans que j'exerce, et je trouve maintenant assez positif que l'analyste, sans
aller jusqu'à raconter sa vie, montre un peu qui il est, par exemple qu'il
livre les grands traits factuels de son parcours, quelques affinités et les
raisons de son orientation psychanalytique... Sinon, dans le paysage de nos
jours devenu confus de la psychanalyse, choisir un analyste dont on ignore
absolument tout me paraît constituer un saut dans le vide beaucoup trop
angoissant. D'ailleurs, Freud n'avait-il pas ressenti le besoin, dès 1925, de
s'éloigner des Sphinx et de publier sa Selbstdarstellung, sa Présentation
par lui-même ? Le secret maintenu sur la plupart des réactions
affectives, des opinions politiques, sociétales et autres jugements de valeur
de l'analyste, suffit, j'en suis persuadé, à préserver pour le transfert un
degré efficace de « neutralité bienveillante » (qui reste évidemment
absolument nécessaire au plan technique). C'est dans ce sens que j'ai publié
sur ce site ma présentation rapide, « ma
vie en quelques lignes ». Quelques années plus tard, j'ai répondu à une
demande d'interview sur Internet de la part d'un excellent site d'architecture,
qui restait sur sa faim avec mes quinze lignes : ce texte se trouve également sur mon site.
Je ne pense pas, pour les raisons techniques évoquées ci-dessus, souhaitable de
me dévoiler davantage, ni ici ni sur les réseaux sociaux (que le sociologue
forcément curieux que je suis par ailleurs a évidemment été observer :
FaceBook, Viadeo, etc.)
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Est-ce que ça marche ? Et êtes-vous seulement un bon analyste ? C'est quoi, votre formation ? Bien sûr que ça marche, mais pour que ça marche très bien, il faut une bonne entente patient et analyste. Non pas au plan superficiel du déploiement d'une bonne éducation des deux côtés (il peut y avoir des moments désagréables), mais une entente profonde, une empathie mutuelle, une compréhension de la « situation psychanalytique », c'est à dire une relation dans laquelle la parole du patient est entièrement libre et n'entraîne aucun acte. L'absence d'actes, de conséquences des paroles prononcées, crée cet espace unique se voulant en dehors de la réalité sociale, dans lequel peut se déployer une parole associative laissant parfois passer des rejetons de l'inconscient. Il y faut ensuite une bonne motivation du patient, et donc, contrairement à ce que je disais au début, sinon « des problèmes », du moins une souffrance psychique, désormais impossible à dénier, qu'une analyse réussie permettra de dépasser. Il y faut encore, et là ça devient exigeant, une capacité atteinte graduellement à prendre plaisir à sa vie psychique, à ses pensées conscientes, et surtout aux émergences imprévues de l'inconscient dans le discours. La psychanalyse est aussi une pédagogie de la bonne entente avec son inconscient ! Ce sont les conditions pour que s'installe le « processus psychanalytique » : quand celui-ci démarre, c'est gagné, et on s'en rend compte à la « prise de tête » dont il arrive alors que se plaignent, à tort, les patients : quand on ne pense plus qu'à son analyse, nuit et jour, on est vraiment entré en analyse ! Les séances avec l'analyste, qu'il y en ait cinq, trois, deux ou une par semaine, ne servent qu'à lancer ce processus qui ensuite se poursuivra le restant de la vie de l'analysant. La psychanalyse dure donc toute la vie ! Oui, c'est ça la durée réelle de l'analyse. Mais les séances avec un analyste, non. On arrête les séances, en accord avec son analyste, lorsque l'on est devenu son propre analyste, un analyste spécialisé dans un seul cas, le sien propre ! Et avec celui-là, on restera en analyse jusqu'à la fin de sa vie, et 24 heures sur 24, mais désormais sans la « prise de tête » : l'analyse sera devenue une seconde nature... |
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Alors, au vu des évènements fauteuil-divan de ces dernières 45 années, je peux avancer que selon la qualité de la relation patient-analyste, la dynamique du « couple thérapeutique » s'avère parfois incapable de faire démarrer ce fameux processus (auquel cas je n'hésite pas à proposer d'arrêter), et parfois au contraire ça démarre au quart de tour. La plupart du temps, ça démarre, mais au bout d'un certain temps seulement. C'est la raison pour laquelle je suis devenu partisan de commencer par une phase intensive (le plus de séances possible au début) et de diminuer progressivement l'intensité quand le processus est bien installé. Bref, ça marche la plupart du temps, c'est un peu à la fortune du pot, mais un analyste expérimenté sait éviter les tuiles, en ayant pris suffisamment. C'est donc l'interaction patient-analyste qui s'avérera bonne ou mauvaise, plutôt que l'un ou l'autre des deux acteurs. |
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Maintenant,
tout en respectant la réserve que je crois nécessaire, je peux répondre
brièvement en ce qui concerne ma formation. Le début de ma formation,
car ça aussi ça dure toute la vie ! J'ai fait deux psychanalyses, la
première de quatre ans, entre 1967 et 1971, avec un membre de la SPP,
et une seconde dix ans plus tard entre 1981 et 1989, avec une analyste
qui avait quitté la SPP pour des raisons institutionnelles... Je suis
resté chez elle deux fois plus longtemps que la première fois !
J'ai fait ma première supervision avec la SPP, et deux autres avec le
4e Groupe. Depuis les années '70 j'ai participé aux nombreux séminaires
et lu une bonne partie des livres qu'il fallait (impossible, désormais
de les lire tous ni même simplement de se tenir au courant de ceux
qu'il eût fallu lire !) Depuis longtemps, maintenant, je ne suis plus
dans des institutions, je leur préfère un certain nombre d'individus intéressants*. Pourquoi j'ai finalement préféré ne pas adhérer à une école ? Les
écoles, séminaires, revues et groupes où j'ai été voir m'ont produit un
sentiment de malaise, et quand j'ai lu en 1976 Un destin si funeste
de François Roustang, je me suis souvenu de la phrase de Le Corbusier :
« toutes les écoles sont mauvaises ! » J'apprécie hautement la
dénonciation du milieu psychanalytique par le regretté J.-B. Pontalis dans un de
ses derniers écrits : « un véritable bouillon de
culture de névroses »... Le grand public a récemment eu un premier aperçu de ces problèmes avec l'excellente série In Treatment (mais je suis très loin du personnage de ce psychanalyste-là). |
* Quelque individus intéressants :
Serge Tisseron J.B. Pontalis François Roustang Corinne Daubigny Irvin D. Yalom Geneviève Delaisi Patrick Fermi Gwendoline Didier Maria Annell |
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Mais tout au long de ce parcours, le rôle de Georges Devereux a été considérable : je l'avais connu en 1967 à l'EPHE, où il enseignait l'ethnopsychanalyse, dont il a été le véritable fondateur. Comme un certain nombre de ses étudiants, je devins son ami plutôt que son disciple (tous ses disciples se sont brouillés avec lui !). Il s'intéressa de près à mon cursus psychanalytique, n’étant pas toujours d’accord avec mes superviseurs, et me guidant dans mes lectures. Il me mit un jour en garde contre l’intellectualisme du milieu psy français : « Ils vont essayer de te faire croire que la psychanalyse est compliquée... Mais Freud est parfaitement clair et simple ! Quand Lacan se met à expliquer Freud, la seule chose que je comprends ce sont les citations de Freud ! » Pourtant les théories ethnopsychanalytiques de Devereux* n'étaient pas moins complexes que celles de Lacan. Jusqu'à peu de temps avant sa mort en 1985, je passai souvent le voir à Antony, et nous discutions de Ferenczi, Winnicott, Searles, et de l'actualité de l'époque (hypercritique, à peu près rien ne trouvait grâce à ses yeux, sauf les indiens Mohave, l'Athènes de Périclès et la Science — dont la révolution freudienne faisait partie à ses yeux. Aux miens aussi.). |
Et aussi... Castoriadis Bernard Maris Antony Beevor * Dans le film récent "Jimmy P.", l'acteur Mathieu Amalric parvient à l'incarner de façon hallucinante |
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Et chez Winnicott, justement, je trouvai plus tard cette même idée de la simplicité de la psychanalyse. Il écrit quelque part (il faudra que je retrouve la citation exacte) que la psychanalyse d'adultes, dans son cadre classique, est finalement une technique simple, à la portée des débutants, contrairement aux analyses d'enfants et surtout aux psychothérapies de patients psychotiques et encore plus celles d'adolescents en crise. Les sacro-saintes règles ne sont aux yeux de Winnicott que des garde-fou pour les analystes débutants. Car l'autre grande leçon de Winnicott, héritier de Ferenczi, c'est la souplesse du cadre : la situation, le processus, la théorie psychanalytique même doivent être repensés, adaptés à chaque nouveau patient. C'est là que ça se complique considérablement. Et, disait-il, si on fait alors autre chose que de la psychanalyse, hé bien, on devient un psychanalyste qui fait autre chose que de la psychanalyse, so what ? |
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C'est dans ce sens que je dis, en riant, que grâce à un long parcours je suis devenu le meilleur analyste de ma rue* : je ne suis ni bon ni mauvais, comme la mère chez Winnicott, je serais goodenough, intraduisible sauf à dire que je sais faire aller... Voilà l'essentiel de mes réponses personnelles. Il y a bien sûr énormément d'autres choses que je n'ai pas abordées. |
* Nanni Moretti, dans son film Habemus papam, s'est délicieusement moqué de ceux qui se croient les meilleurs au monde ! |
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